Des chocolats aux fenêtres



La coupe au bord de nos lèvres a vécu
Sèche la cuve en or de nos dilutions
J'attends la fin des ablutions qui, chaque fois ravivaient les dommages

J'attends, je me tends vers l'infini de l'endurance
Une irritation au bord de l'oubli subsiste
Autour d'elle se répand le souffre de mon engourdissement

Tu descends à peine de mon dos
De part et d'autre du fil de mes pensées passagères
Tu m'asperges de ton immuable mutisme

Je t'inhume à tout vent sans y croire
Ce qui resterait je l'éparpille, le souhaite à d'autres
Je ne prédis plus l'avenir, j'avoue, j'envie l'usure

J'attends, me tends vers l'amnésie
J'en sais trop de l'indigence de ma mémoire qui t'immortalisa
L'effet, sans doute, de tes aveux à l'envers

Je ne sentirai plus ton goût vain dans ma bouche
Ton goût irremplaçable aussi
J'attends, me tends, patience inépuisable

Si j'attends plus, si je me tends mieux
Un jour enfin, peut-être, les rudiments de ta voix s'éparpilleront
Sous l'espèce de drap penché, l'espèce de sècheresse aseptisée de l'espace






Mars 2014