Mon étranger






Nous disparaîtrons sous la piètre fiabilité des songes
Renouerons au lien molletonné des fautes passées, oubliées aussitôt
L'amère allure
Des étrangers nous reprendrons la nuit
Le cours, le balancement impassible des jours
Nous survivrons à tout cet affront
Les traces d'un souffle alcalin un peu sur le regard
Nous batifolerons dans des langues inaudibles
Séparés, étonnés de pouvoir encore boire
Nous boirons, c'est tant mieux
Surpris pourtant de ne pas trouver dans les autres affairés
Palpitants d'aise à nos abords
La chose
La matière même de ce qui nous tua
La rage enflammée de la convoitise, la vigueur
Notre étranger commun
L'étranger obstinément éveillé
Notre besoin sans fond
 Borné dans sa mutité presque belle
Dans son silence il nous adorera encore
Il nous a fécondé d'un temps insu





Décembre 2011