Traversée










 


Jamais tu ne sauras
Comment la paupière des semaines se referme
Ni le suspens appris comme une seconde peau
L'hémoglobine devenue blanche, délavée de toute candeur
Et la démence des infatuations qui bloque le bon vouloir

Jamais tu ne sauras l'eau des ondées
Au-delà de six milliers de kilomètres
Et le temps inconstant des méprises
Des assèchements soudains
Du désir clandestin mais houleux
Qui meurt dans l'ignorance crasse, avec tout le reste

Erreur de lancement
Je voulais te donner jusqu'à la dernière poignée
De la terre que je ne cultiverai jamais contre toi 
Erreur de trajectoire
Je voulais m'en aller trop loin, je voulais trop en reprendre
Ce que je garde, jamais tu ne le sauras
Jamais tu ne sauras ce que j'ai su de toi.



Mars 2011